Cu durerile iubirii
Voind sufletu-mi să-mi vindec,
L-am chemat în somn pe Kama –
Kamadeva, zeul indic.
El veni, copilul mîndru,
Călărind pe-un papagal,
Avînd zîmbetul făţarnic
Pe-a lui buze de coral.
Aripi are, iar în tolbă-i
El păstrează, ca săgeţi,
Numai flori înveninate
De la Gangele măreţ.
Puse-o floare-atunci-n arcu-i,
Mă lovi cu ea in piept,
Şi de-atunci în orice noapte
Plîng pe patul meu deştept...
Cu săgeata-i otrăvită
A sosit ca să mă certe
Fiul cerului albastru
Ş-al iluziei deşerte.
Ce-ţi doresc eu ţie, dulce Românie
Ce-ţi doresc eu ţie, dulce Românie,
Ţara mea de glorii, ţara mea de dor?
Braţele nervoase, arma de tărie,
La trecutu-ţi mare, mare viitor!
Fiarbă vinu-n cupe, spumege pocalul,
Dacă fiii-ţi mândri aste le nutresc;
Căci ramâne stânca, deşi moare valul,
Dulce Românie, asta ţi-o doresc.
Vis de răzbunare negru ca mormântul
Spada ta de sânge duşman fumegând,
Şi deasupra idrei fluture ca vântul
Visul tău de glorii falnic triumfând,
Spună lumii large steaguri tricolore,
Spună ce-i poporul mare, românesc,
Când s-aprinde sacru candida-i vâlvoare,
Dulce Românie, asta ţi-o doresc.
Îngerul iubirii, îngerul de pace,
Pe altarul Vestei tainic surâzând,
Ce pe Marte-n glorii să orbească-l face,
Când cu lampa-i zboară lumea luminând,
El pe sânu-ţi vergin încă să coboare,
Guste fericirea raiului ceresc,
Tu îl stringe-n braţe, tu îi fă altare,
Dulce Românie, asta ţi-o doresc.
Ce-ţi doresc eu ţie, dulce Românie,
Tânârâ mireasă, mamă cu amor!
Fiii tăi trăiască numai în fraţie
Ca a nopţii stele, ca a zilei zori,
Viaţa în vecie, glorii, bucurie,
Arme cu tărie, suflet românesc,
Vis de vitejie, fală şi mândrie,
Dulce Românie, asta ţi-o doresc!
Lacul
Lacul codrilor albastru
Nuferi galbeni îl încarcă,
Tresărind în cercuri albe
El cutremură o barcă.
Şi eu trec de-a lung de maluri,
Parc-ascult şi parc-aştept
Ea din trestii sã răsară
Şi sã-mi cadă lin pe piept;
Sã sărim în luntrea mică,
Îngânaţi de glas de ape,
Şi sã scap din mână cârma
Şi lopeţile sã-mi scape;
Sã plutim cuprinşi de farmec
Sub lumina blândei lune –
Vântu-n trestii lin foşnească,
Undoioasa apă sune!
Dar nu vine... Singuratic
În zadar suspin şi sufăr
Lângă lacul cel albastru
Încărcat cu flori de nufăr.
Ce te legeni...
- Ce te legeni, codrule,
Fără ploaie, fără vânt,
Cu crengile la pământ?
- De ce nu m-aş legăna,
Dacă trece vremea mea!
Ziua scade, noaptea creşte
Şi frunzisul mi-l răreşte.
Bate vântul frunza-n dungă -
Cântăreţii mi-i alungă;
Bate vântul dintr-o parte -
Iarna-i ici, vara-i departe.
Şi de ce să nu mă plec,
Dacă păsările trec!
Peste vârf de rămurele
Trec în stoluri rândunele,
Ducând gândurile mele
Şi norocul meu cu ele.
Şi se duc pe rând, pe rând,
Zarea lumii-ntunecând,
Şi se duc ca clipele,
Scuturând aripele,
Şi mă lasă pustiit,
Veştejit şi amorţit
Şi cu doru-mi singurel,
De mă-ngân numai cu el!
LE LONG DE
CES PEUPLIERS IMPAIRS
Le long de ces peupliers impairs,
Je suis souvent passé ;
L’on savait de quoi j’avais l’air,
Tu ne le sus jamais.
Ta haute fenêtre qui scintillait
Je la fixais aussi ;
Tout un chacun le comprenait,
Jamais tu ne compris.
Combien de fois donc j’attendais
Une réponse-chuchotis !
Un jour de vie m’eusses-tu donné,
Un seul jour m’eût suffi ;
Ne fût-ce qu’une seule heure d’amitié
Où l’on s’aime avec dor,
La voix de ta bouche écouter
Une heure, et j’acceptais la mort.
Ton œil serein m’eût-il offert
Un seul rayon, exprès,
Au rebours de ces temps contraires
Une étoile s’allumait.
Tu eusses vécu à tout jamais,
A tour de rôle, mainte vie ;
Tes deux bras joints et comme glacés,
Tu figes en marbre exquis,
Un visage toujours adoré
Et qui reste sans égaux,
Tout pareil à ceux des fées
Des temps immémoriaux.
Car je t’aimais d’un œil païen
Brûlant et bien souffrant,
Que me léguèrent, par les anciens,
Les parents de mes parents.
Aujourd’hui, je ne regrette pas
D’y passer plus rarement,
Que tristement, tu tournes la tête, ah !
Après moi, vainement,
Tu es comme les autres, pareillement,
Tant ton ombre, que ton port,
Et je t’observe impassiblement,
Du froid regard d’un mort.
C’est toi qui devais t’embraser
De ce charme salutaire,
De nuit, la chandelle allumer
De l’amour sur la terre.
(Traduction Constantin Frosin)
MON ANGE GARDIEN
Alors que, de nuit, mon âme veillait en extase(s),
Je contemplais, comme en rêve,
mon ange gardien,
Ceint d’une chlamyde d’ombres et de rayons
qui s’embrasent,
Au-dessus de moi ses ailes il déploya, serein;
Dès que tu parus, d’un pâle vêtement habillée,
La fille, dominée par le dor et le secret,
L’ange s’enfuit, vaincu par ton œil, en un rien.
Serais-tu un démon, la fille, pour qu’un regard
De tes longs cils, de ton grand œil qui étincelle
Fit prendre son envol à mon ange gardien, hagard,
Qui me veillait saintement, en fidèle ami ?
Ou bien !... Oh, referme alors tes longs cils fatals
Afin que je puisse reconnaître
tes traits bien pâles,
Car tu es bien lui.
(Traduction Constantin Frosin)
Mihai Eminescu
A l'étoile
A l'étoile qu'on aperçoit
Il y a un si long chemin
Que la lumière traversa
Par les millénaires sans fin.
Peut-être est-elle éteinte dans
L'immensité des lointains bleus
Mais c'est à peine maintenant
Qu'elle reluit dans nos yeux.
Les traits de l'astre mort là-bas
Montent au ciel lentement;
Elle était sans qu'elle fût là,
Quand on la voit elle est néant.
Ainsi quand notre amour divin
Périt dans la profonde nuit,
L'éclat de notre feu éteint
Persiste encore, nous poursuit.
(Traduction Maria Cucunoiu)
Au long des peupliers
Au long des peupliers en vain
Je suis souvent passé,
Me connaissaient tous les voisins -
Mais tu m'as ignoré.
Vers ta fenêtre qui brillait
Je regardais épris
Quand tout un monde comprenait-
Tu ne m'as pas compris.
Combien de fois, mon grand amour
Réponse a attendu!
Si tu m'avais donné un jour,
Heureux m'aurais rendu.
Si l'on avait été amis
Dans notre tendre ardeur
En écoutant ta bouche ainsi,
Une heure et que je meure.
Si tes yeux m'avaient donné
Rien qu'un seul rayon,
Une autre étoile aurait brillé
Devant les horizons.
Tu eusses vécu à jamais
Au long des temps, des vies
Avec tes bras prenant l'aspect
Du marbre froid exquis.
Image toujours adorée,
N'ayant plus de pareilles
Les fées qui viennent des contrées
Où naissent les merveilles.
Aux yeux païens je t'aimais tant,
Aux yeux si lourds de peine
Que me laissèrent les parents,
Ma race très ancienne.
Aujourd'hui je ne regrette
Que moins souvent j'y passe,
Qu'en vain se penche encor la tête
Pour me revoir, hélas !
Car tu ressembles maintenant
Aux autres dans ton port,
Je te regarde indifférent
De l'oeil glacé de mort.
Mais tu devais t'abandonner
A ce profond mystère,
Et sous l'icône rallumer
Bougie d'amour sur terre.
(Traduction : D.I. Suchianu)
Je pense à toi...
Je pense à toi et j'ai le coeur qui crève...
Si tout moment de joie m'était ravi,
Que me vaudrait encor une telle vie :
Toute d'amertume et d'éphémères rêves !
Pourquoi ta voix se glace dans la nuit ?
Ton corps exquis, - ô, souriante Eve -
Qui fut à moi une heure, unique et brève,
Le reverront-ils donc, encor mes yeux tout éblouis ?
Toi, blonde chance d'une rêverie fugace,
Toi, rêve blond d'une chance illusoire,
Si tu reviens, ne l'attends pas, - ma grâce !
Je vais te sermonner, et pour le croire
Il faut, ma douce amie, que je t'embrasse
Et te caresse à perdre la mémoire.
Traduction Emanoil Marcu
O Mère...
O Mère, douce Mère, du brouillard du temps
Tu m'appelles vers Toi par le vert bruissement
Des acacias perdant leurs feuilles, avec détresse,
Sur le caveau noir et saint de Ta sépulture.
Leurs branches en se touchant avec
Ta voix murmurent.
Ils frémiront toujours, Tu dormiras sans cesse...
Ne pleure pas, Chérie, lorsque je mourrai,
Mais romps un beau rameau au tilleul sacré
Et, le plantant à l'endroit de ma tête, laisse,
Couler sur lui tes larmes amères et fécondes.
Un jour je sentirai qu'il ombrage ma tombe...
Dans l'ombre grandissante je dormirai sans cesse...
Mais s'il fallait ensemble que nous mourrions un jour,
- Point de lieu triste, avec des murs autour -
Qu'au bord d'une rivière on nous ensevelisse,
Dans un même coffre, tous deux, comme avant,
Pour te sentir très proche, éternellement...
L'eau pleurera toujours, nous dormirons sans cesse...
1880 - Trduction: Michel STERIADE
LE SOIR, LÀ-HAUT
Le soir, sur la colline, le buccin se lamente,
Les troupeaux remontent, les étoiles brillent par la sente,
Les eaux sanglotent,
prenant clairement leur source aux puits;
Sous un acacia, tu es là qui m’attends, chérie.
La lune traverse le ciel, sacro-sainte et notoire,
Tes grands yeux ont l’air de scruter les feuilles bien rares,
Les étoiles naissent humides à même le dôme serein
Ta poitrine brûle, de pensées ton front est bien plein.
Les nues ruissellent, maint rayon leurs bancs importune,
D’anciens auvents élèvent les maisons dans la lune,
Là-bas, grince au gré du vent, le chadouf du puits
La vallée s’embrume, flûtes murmurent dans la bergerie.
Les gens reviennent, fatigués, faux sur l’épaule,
Depuis les champs, le tocsin sonne plus fort, comme fol,
La vieille cloche remplit toute la soirée de sa voix,
Mon âme, elle, se consume d’amour avec éclat.
Ah ! sous peu, le village dans la vallée reste coi ;
Ah ! sous peu, pour te rejoindre, moi je presse le pas ;
Nous resterons sous l’acacia la nuit entière,
Des heures durant je te dirai comme tu m’es chère.
Nous deux, on couchera nos têtes l’un sur l’autre, tout beau
Tout souriants, nous nous endormirons sous le haut
Et vieil acacia. – Pour une nuit si accomplie,
Qui ne paierait en échange, le prix de sa vie ?
(Traduction Constantin Frosin)
COMBIEN DE FOIS, MON AMOUR
Toutes les fois, ô, mon amour, que nous deux je me rappelle,
Un vrai océan de glaciers se présente à mon appel :
Là-haut, à même la voûte céleste, la moindre étoile se cache,
Juste dans les grands lointains, la lune dorée forme comme une tache ;
Et au-dessus des milliers de glaçons par les vagues charriés
Un oiseau plane, les survole de ses ailes très fatiguées,
Alors que son couple préféra aller de l’avant
En compagnie d’autres volées se perdant au Ponant,
Il le poursuit d’un doux regard, rempli de compassion,
Ne le regrette, ni ne s’en réjouit… c’est son extinction,
Tout en rêvant de remonter dans le temps, au jeune âge.
(Traduction Constantin Frosin)
Ô, QUELS LOINTAINS NOUS SÉPARENT…
Je suis fort loin de toi et, tout seul au coin de l’âtre,
Revois par la pensée ma vie de malheur, grisâtre,
Il me semble avoir vécu quatre-vingt ans, toute une vie,
Etre vieux comme l’hiver et que tu as déjà péri,
Le souvenir fonce sur mon âme, il va et revient
Tout en éveillant dans mon esprit ces anciens riens ;
De ses doigts, à ma fenêtre le vent vient se suspendre,
Me revient par la tête le fil de nos histoires tendres,
Alors, comme dans les brumes,
devant mes yeux tu repasses
Tes grands yeux baignés de larmes,
tes frêles mains comme de glace ;
De tes deux bras ensemble, tu te suspends à mon cou
Comme pour me dire quelque chose…
puis tu soupires, comme à bout…
Je te serre sur mon sein, mon avoir d’amours, de beau,
C’est par accolades qu’on réunit nos vies, nos pauvres lots…
O, puisse le souvenir rester toujours interdit,
Afin d’oublier la chance dont, un moment, j’ai joui,
Pour t’oublier toi qui, d’un coup, à mes bras t’arrachas…
Je serai seul et vieux, tu seras déjà morte, toi !
(Traduction Constantin Frosin)
La steaua
La steaua care-a răsărit
E-o cale-atât de lungă,
Că mii de ani i-au trebuit
Luminii să ne-ajungă.
Poate de mult s-a stins în drum
În depărtări albastre,
Iar raza ei abia acum
Luci vederii noastre.
Icoana stelei ce-a murit
Încet pe cer se suie:
Era pe când nu s-a zărit,
Azi o vedem, şi nu e.
Tot astfel când al nostru dor
Pieri în noapte-adâncă,
Lumina stinsului amor
Ne urmăreşte încă.
Mai am un singur dor
Mai am un singur dor :
În liniştea serii
Să mă lăsaţi să mor
La marginea mării;
Să-mi fie somnul lin
Şi codrul aproape,
Pe-ntinsele ape
Să am un cer senin.
Nu-mi trebuie flamuri,
Nu voi sicriu bogat,
Ci-mi împletiţi un pat
Din tinere ramuri.
Şi nime-n urma mea
Nu-mi plângă la creştet,
Doar toamna glas să dea
Frunzişului veşted.
Pe când cu zgomot cad
Izvoarele-ntr-una.
Alunece luna
Prin vârfuri lungi de brad.
Pătrunză talanga
Al serii rece vânt,
Deasupra-mi teiul sfânt
Să-şi scuture creanga.
M-or troieni cu drag
Aduceri aminte.
Luceferi, ce răsar
Din umbra de cetini,
Fiindu-mi prieteni,
O să-mi zâmbească iar.
Va geme de patemi
Al mării aspru cânt...
Ci eu voi fi pământ
În singurătate-mi.
Dorinţa
Vino-n codru la izvorul
Care tremură pe prund,
Unde prispa cea de brazde
Crengi plecate o ascund.
Şi în braţele-mi întinse
Sã alergi, pe piept sã-mi cazi,
Sã-ţi desprind din creştet vălul,
Sã-l ridic de pe obraz.
Pe genunchii mei şedea-vei,
Vom fi singuri-singurei,
Iar în păr înfiorate
Or sã-ţi cadă flori de tei.
Fruntea albă-n părul galben
Pe-al meu braţ încet s-o culci,
Lăsând pradă gurii mele
Ale tale buze dulci.
Vom visa un vis ferice,
Îngâna-ne-vor c-un cânt
Singuratice izvoare,
Blânda batere de vânt;
Adormind de armonia
Codrului bătut de gânduri,
Flori de tei deasupra noastră
Or sã cadă rânduri-rânduri.
Fiind băiet păduri cutreieram
Fiind băiet păduri cutreieram
Şi mă culcam ades lângă izvor,
Iar braţul drept sub cap eu mi-l puneam
S-aud cum apa sună-ncetişor:
Un freamăt lin trecea din ram în ram
Şi un miros venea adormitor.
Astfel ades eu nopţi întregi am mas,
Blând îngânat de-al valurilor glas.
Răsare luna,-mi bate drept în faţă:
Un rai din basme văd printre pleoape,
Pe câmpi un văl de argintie ceaţă,
Sclipiri pe cer, văpaie preste ape,
Un bucium cântă tainic cu dulceaţă,
Sunând din ce în ce tot mai aproape...
Pe frunze-uscate sau prin naltul ierbii,
Părea c-aud venind în cete cerbii.
Alături teiul vechi mi se deshide:
Din el ieşi o tânără crăiasă,
Pluteau în lacrimi ochii-mi plini de vise,
Cu fruntea ei într-o maramă deasă,
Cu ochii mari, cu gura-abia închisă;
Ca-n somn încet-încet pe frunze pasă,
Călcând pe vârful micului picior,
Veni alături, mă privi cu dor.
Şi ah, era atâta de frumoasă,
Cum numa-n vis o dată-n viaţa ta
Un înger blând cu faţa radioasă,
Venind din cer se poate arăta;
Iar păru-i blond şi moale ca mătasa
Grumazul alb şi umerii-i vădea.
Prin hainele de tort subţire, fin,
Se vede trupul ei cel alb deplin.
MON AMOUR SECRET
Aimant secrètement, je gardai le silence
En m’imaginant que cela te plaisait,
Dans tes yeux je lisais une éternité
Débordant de meurtriers rêves de jouissance.
Mais je n’en peux plus. L’intensité du dor
Confère un certain sens à ces tendres mystères ;
Je voudrais me noyer dans le doux transport
De cette âme qui sait de quoi la mienne a l’air.
Ne vois-tu pas que ma bouche est altérée
Et dans mes yeux enfiévrés on lit ma peine,
Toi, encore enfant, aux longs cheveux dorés ?
D’un seul souffle tien, tu soulages toute ma gêne,
Ton sourire grise, rend incertaine ma pensée.
Mets une fin au tourment…
Viens vers moi, m’entraîne!
(Traduction Constantin Frosin)
QU’EST-CE QUE L’AMOUR ?
Qu’est-ce que l’amour ? Un bien long
Moment exprès pour souffrir,
Mille larmes ne lui suffisent pas, non
Encore plus il veut quérir.
D’un signe d’elle, au passage reçu,
Il fait ton âme prisonnière,
Au point qu’on ne puisse l’oublier plus
Durant sa vie toute entière.
Et si, sur le seuil elle t’attend,
Dans l’ombre des coins et retraits,
Si l’on se retrouve en amants,
Comme ton propre cœur le voudrait :
D’un coup s’en vont terre et là-haut,
Dans ton sein, le cœur palpite,
Et tout dépend d’un seul propos
Que, à mi-voix, elle débite.
Un pas fait avec molle lenteur
Te poursuit semaines durant,
Les mains serrées avec douceur,
Comme deux sourcils en tremblant.
Ils te poursuivent, illuminant
Comme le soleil et la lune,
De jour, tant de fois revenant
Et de nuit, ils n’en font qu’une.
Car c’est écrit que toute ta vie
Du dor, tu en fasses ton lot,
Car pareillement il t’a saisi
A ces lianes poussant dans l’eau.